Actualité bolivienne

Publié le par Antoine

Je le regrette pour mes lecteurs qui exècrent la politique mais il est bien difficile de passer outre l'actualité politique bolivienne du moment (même si je suis à peu près sur que pas un média français y fait allusion).

Tout d'abord, une petite remise au goût du jour ne fera pas de mal à ceux qui aurait aucune idée de la situation politique de la Bolivie. Après une période de dictature militaire (1964-1982) suivi de la libéralisation de l'économie (1985-2000) la Bolivie, longtemps considéré (et à juste titre) comme le pays le plus pauvre d'Amérique latine, a élu, fait historique, un indien pour président de la république. Sachant que la Bolivie est constitué d'environ 55% d'indiens (quechua [non pas la marque] et aymara) et qu'elle avait toujours été gouverné par les minorités, ça avait tout l'air d'une révolution. Seulement voila, depuis 2005, la situation économique du pays ne s'est pas fondamentalement amélioré et les indiens des mines (principale ressource du pays) qui avait soutenu Evo Morales commencent à s'impatienter. Autre fait fondamental, la Bolivie est découpé en département, gouverné par des prefets, qui ne sont pas tous du côté du parti d'Evo Morales. Ainsi 4 départements, en réaction à la politique du gouvernement de La Paz, se sont déclarées indépendantes. Voila pour le contexte.

En réaction à ce qui ressemble fort à une provocation, Evo Morales a décidé de remettre son mandat en jeu (oui oui vous ne rêvez pas) le... 10 août 2008. Dans quelques jours donc aura lieu un grand référendum en Bolivie qui va sa passer de la manière suivante :

Si Evo Morales obtient un minimum de 53% (son score à la présidentielle 2005) en faveur de son maintien, il restera président de la république de Bolivie. Dans le cas contraire, il devra démisionner.

Maintenant tout l'enjeu n'est pas là, parce que le référendum met en jeu également les mandats des différents préfets. Or certains préfets, dont certains opposants à Evo Morales, ont été élu avec un pourcentage assez faible (parfois 30%). Si dans ces départements opposants le "OUI" l'emporte avec plus du score de leurs préfets à la dernière présidentielle, alors ces mêmes préfets seront contraints de démissioner, écartant ainsi les opposants à Evo Morales.

Bon je sais pas si c'est clair, mais dimanche, le pays peut basculer à la fois d'un côté comme de l'autre. Si Evo Morales remporte son référendum, il a de fortes chances d'en sortir renforcé, maintenant si jamais il le perd, qui sait vers quoi ira la Bolivie...
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Publié dans Bolivie

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